CONGRÈS FÉDÉRATION SUD ÉDUCATION 2006 - TEXTE PROPOSÉ PAR SUD ÉDUCATION 34 : ÉCOLE MATERNELLE / SCOLARISATION DÈS DEUX ANS

dimanche 10 septembre 2006
par  Sud éducation 66

Texte adopté par le congrès de SUD éducation 66, 12 et 13 avril 2006

– L’école maternelle est et doit rester une école à part entière.
– L’instruction doit devenir obligatoire à partir de 3 ans.
– Baisse des effectifs : 25 maxi, 20 en ZEP, 15 en petite section (en ZEP ou non).
– Pour les plus jeunes une intégration à l’école peut être proposée dans certaines conditions.

La scolarisation des enfants de moins de trois ans

Actuellement l’école n’apporte pas une réponse satisfaisante à ces enfants. Si l’on juge que l’école doit apporter une réponse éducative massive, qu’on lui en donne véritablement les moyens. Dans le cas contraire construisons des crèches en nombre suffisant. C’est évidement un problème de société complexe où les enjeux sont variés.

Les familles

Quand les parents travaillent, ils choisissent l’école parce qu’ils n’ont pas trouvé d’autre mode de garde, parce que cela coûte moins, et parfois par choix volontaire de l’école comme apportant un plus éducatif à leur enfant. L’école est donc qu’elle le veuille ou non un mode de garde parmi d’autres.

Les institutions

  • L’éducation nationale : prend peu en compte ce problème en dehors d’effets d’annonce. Le taux de scolarisation a baissé. Pas de volonté de prendre en compte la spécificité de la maternelle dans son ensemble et l’accueil des deux ans en particulier. Les gouvernements n’ont aucune politique cohérente autour de la petite enfance. Pas de liaison entre les ministères (éducation nationale, santé, affaires sociales). On attend que les gens se débrouillent localement, on saupoudre des crédits.
  • Les enseignants : isolés comme d’habitude, bricolant chacun dans son coin. Subissent seuls la pression sociale. Pas de formation initiale, quasiment pas de formation continue sur le sujet.
  • Les enfants : A partir de deux ans l’enfant peut commencer à avoir besoin du collectif, mais chaque individu a son rythme qu’il faudrait pouvoir respecter. Pour certains attendre quelques mois de plus serait nécessaire. Pour l’enfant de deux ans parler en terme d’âge n’a pas beaucoup de sens : à quelques mois près il y a grande différence de maturité, mais comment juger de ce qui convient à un moment donné pour un individu donné ? Comment bien accueillir cet enfant à l’école, s’il y est admis ? Selon quels critères, age, maturité, situation sociale l’y admet-on ? Qui décide de son admission, au-delà des problèmes de places potentielles ? Des témoignages sur des situations vécues parlent d’enfants en souffrance, d’enfants « broyés »...

L’objectif prioritaire de cette scolarisation précoce est celui du développement du langage.

Les chercheurs ont montré que pour avancer en langue, un enfant a absolument besoin qu’un adulte lui fasse progressivement découvrir ce que parler veut dire. Et ceci dès le plus jeune age. L’autre objectif important est celui de l’intégration progressive au monde de l’école pour ceux qui n’ont pas vécu ailleurs en collectivité.

Cela est le cas évidement des milieux les plus défavorisés. Les enfants de chômeurs ne fréquentent ni les crèches ni les haltes-garderies, les enfants d’origine étrangère n’ont souvent pas la même égalité des chances au départ ; au niveau de l’acquisition du français ou de la connaissance du monde culturel dans lequel ils vont vivre.

L’école, parce qu’elle connaît particulièrement bien les critères de réussite qu’elle attend, parce qu’elle a un savoir faire dans l’éducation prioritaire doit participer à un rattrapage de ces inégalités précoces.

NOS REVENDICATIONS :

Pour tous :

– Petites sections à 15 élèves. Une ATSEM pour chaque classe.
– Pour tous les enseignants formation initiale et continue aux spécificités de la
maternelle.
– Nationalisation et gratuité de toutes les crèches, pour tous les enfants de 3 mois à 3 ans.