Rythmes scolaires ? Toujours pas dans le tempo !

dimanche 15 juin 2014
par  Sud éducation 66

Face aux dissonances, notre nouveau chef d’orchestre aurait pu changé de partition sur les rythmes scolaires, mais il a préféré ne faire que quelques modifications dans le tempo pour s’accorder avec une partie de l’orchestre au détriment des autres.

Face aux difficultés et aux résistances, Hamon a ralenti un peu la cadence et « assoupli » le décret promulgué en 2013 imposant le passage aux 4 jours et demi dans toutes les communes dès la rentrée 2014.

Voici la teneur de cet assouplissement : possibilité est donnée à titre expérimental et pour une durée de 3 ans de déroger aux 9 demi-journées en respectant les conditions suivantes :

  • 8 demi-journées minimum
  • 5 matinées minimum

Les mairies proposent conjointement avec au moins un conseil d’école. Le recteur dispose et peut décider que l’expérimentation s’applique dans toutes les écoles de la commune quand une majorité des conseils d’école s’est exprimée en sa faveur.

Bref, s’il est impossible de revenir aux 4 jours, il est désormais possible de libérer une après-midi.

Il va sans dire que le bénéfice de cet assouplissement ne reviendra au final qu’aux mairies pour lesquelles l’organisation du périscolaire sera largement simplifiée.
Pour les enseignants, le bénéfice est minime puisqu’ils auront tout de même à se déplacer cinq jours par semaine, et à Perpignan par exemple, l’amplitude horaire augmentera dans de nombreuses écoles puisque les horaires prévus sont 8h45-11h45 et 14h00-17h00.

Quant aux élèves qui, rappelons-le, devaient être les bénéficiaires d’une réforme censée adapter l’école à leur rythme, ils auront dans la plupart des cas :

  • 5 journées d’école en continu
  • des journées pleines toujours aussi longues avec une amplitude horaire parfois augmentée
  • dans le cas où l’après-midi libérée serait le vendredi après-midi, 2 jours et demi sans école... c’est bien pour le tourisme, moins pour les apprentissages ! Ce nouveau décret confirme que le sens de cette réforme n’est pas le bien-être des enfants. Quel est-il alors ? Transfert progressif des missions de l’Éducation Nationale aux collectivités territoriales ou simple enlisement dans un projet politique mal ficelé, difficile à renier... Il est en tout cas toujours temps d’y résister !

Héléna Molin.