RETRAITES DORÉES... POUR CERTAINS...

mardi 15 juin 2010
par  Sud éducation 66

Par Francis Maury

Certes, rien de comparable avec les retraites en or de certains PDG français, mais les 129 (très) hauts administratifs de l’Union européenne (commissaires, juges, greffiers...) n’ont vraiment pas à se plaindre. Ils bénéficient de prestations luxueuses détaillées dans un rapport qu’a publié (en ligne, lien ci-dessous) Sauvegarde Retraites. Ainsi, quand ils abandonnent leurs fonctions, les maîtres de l’Union peuvent toucher jusqu’à 70 % d’un dernier traitement très confortable. Les émoluments s’élèvent, en moyenne, à 21.260 € mensuels. Au bas de l’échelle, le greffier du Tribunal de la fonction publique touche 16.327 €. En haut, le président de la Cour des comptes perçoit 23.405 € et celui de la Cour de justice 26.651 €, et cela, sans indemnités et autres suppléments familiaux (par exemple, plus de 2.000 € par mois pour 3 enfants à charge !).

Pour obtenir les 70 % de leur dernier salaire pour leurs retraites, les hauts fonctionnaires de l’Union n’ont pas besoin de trimer 40,5 ans, comme dans le privé, en France. Il suffit de « tenir » 16 ans. Mais même un court passage reste avantageux. Ainsi, Jacques Barrot, vice-président de la commission chargée des transports, au terme de seulement 5 ans de mandat, aura droit, en octobre, à une pension de 4.728,20 €.

Si on avait écouté le patronat,
les enfants travailleraient encore…

Le progrès social a accompagné l’histoire de l’humanité. Contre le patronat et gouvernements qui criaient à la ruine du pays, c’est ce progrès social qui a permis que les luttes abolissent les formes les plus violentes d’exploitation des travailleurs (esclavage, servage), suppriment le travail des enfants, réduisent le temps de travail sur la vie de différentes façons : diminution de la durée journalière puis hebdomadaire du travail à 40 puis 35 heures, création des congés payés, de la retraite à 65 puis 60 ans, des RTT, allongement des études…

Le passé prouve que le progrès social est possible. Mieux, cette réduction du temps de travail s’est accompagnée d’une très forte augmentation de la richesse par habitant. Cela a été rendu possible par les découvertes technologiques qui, lors du dernier siècle, ont (pour un salarié) multiplié la productivité horaire par 30, ce qui a permis de diminuer par 2 son temps de travail (2695 heures par an en 1896 contre 1441 heures en 2004) tout en multipliant par 15 sa production.

Ainsi, le même nombre d’actifs peut faire vivre un nombre croissant d’inactifs, tout en réduisant le temps de travail et en augmentant le niveau de vie. Ce progrès social doit continuer : le COR (Conseil d’Orientation des Retraites composé de membres du gouvernement et de représentants des partenaires sociaux), prédit une poursuite de la croissance de la productivité horaire évaluée entre 1,5 et 1,8% par an, soit une légère baisse du rythme des 2 derniers siècles. Cette croissance de productivité horaire ne signifie pas forcément croissance de la production (et épuisement des ressources limitées de la terre) : les gains de productivité horaire peuvent être utilisés pour réduire le temps de travail, et augmenter la part du salaire socialisé (pour les dépenses de santé, retraite, chômage).

Retarder l’âge de départ en retraite,
c’est interdire une vie meilleure
aux salarié(e)s et futur(e)s retraité(e)s.