Question de nombre... ou de principe !

jeudi 7 octobre 2004
par  Sud éducation 66

La lutte des sans-papiers, bien qu’étant parvenue à s’inscrire dans la durée, souffre d’une mobilisation faible. Peu de structures signataires du comité de soutien offrent une implication militante et des moyens de propagande dignes de ce nom. Au plus fort de nos rassemblement, avons-nous été plus de cent ? Et combien parmi ces rares défenseurs de la liberté de circulation, de la dignité dans le travail, engagés presque autant contre leur propre abattement qu’aux côtés de leurs compagnons du collectif, devaient se rappeler perplexes le « Et s’il n’en restait qu’un… » Les sans-papiers, quant à eux, se cherchent malgré la clandestinité, les expulsions, le peu d’intérêt suscité par leur combat, une parole et une volonté propres.

Qu’en est-il pour autant du bilan ?

  • Une participation remarquée du collectif lors du 1er mai dernier, par ailleurs bien terne, et la formation d’un petit cortège de soutien raccompagnant les sans-papiers vers Saint-Jacques. Par une présence réelle en son sein, Solidaires a souhaité, ainsi que la CNT, manifester son engagement dans la lutte.
  • Durant l’été, 150 dossiers de régularisation ont été constitués, qui feront l’objet d’un dépôt en préfecture le 6 novembre 2004, à la suite d’une manifestation à 14 h.
  • Pour ce qui nous concerne en tant qu’enseignants, un réseau « EDUCATION SANS FRONTIERES » vient de se constituer, qui a pour objet de traiter la question des jeunes sans-papiers scolarisés. Consulter le site : www.sudeducation.org. Enfin, une circulaire du préfet prévoit la régularisation de la situation de jeunes sans-papiers sous contrat d’apprentissage.

Bilan maigre certes, mais permettons-nous deux réflexions :

  • « la mobilisation est faible, l’opinion peu sensible à la question des sans-papiers, nous ne ferons pas plier le gouvernement sur la question » : bref « ce n’est pas électoralement correct ». Mais depuis quand le nombre est-il a priori l’étalon de la valeur syndicale et politique au sens noble du terme, d’un combat ? Ils furent bien sinistrement nombreux derrière les mots d’ordre nazis, les démocrates de 1933.
  • Enfin, devons-nous ou non justifier notre action par le principe ou par le nombre ? Sud se doit à une réponse claire.

Rodolphe Mazure