Des nouvelles des intermittents

jeudi 1er janvier 2004
par  Sud éducation 66

Après l’annulation de nombreux festivals, les intermittents du spectacle cherchent à poursuivre leur lutte contre la réforme de leur régime d’assurance chômage. Deux cents délégués des collectifs d’intermittents ont tenu leur forum du 28 au 30 Août à Paris pour fixer les modalités d’action pour cette rentrée.

Comment mobiliser le monde de l’audiovisuel dont les intermittents employés subissent de fortes pressions de la part de leurs employeurs ?

Comment relancer les autres mouvements sociaux et oeuvrer à la convergence des luttes ? Le SYNDEAC (syndicat national des entreprises artistiques et culturelles) a demandé à M. Aillagon que le protocole signé le 27 juin fasse l’objet d’un moratoire d’au moins six mois.

Avec la coordination nationale des intermittents, le SYNDEAC s’est associé au boycott des assises nationales de la culture prévues en septembre et que le ministre a reporté en janvier.

La coordination nationale des intermittents met donc en place des contre assises de la culture dont la vocation est de préparer un débat national sur les politiques publiques du spectacle vivant et propose un contre modèle de réforme (diffusé dans la presse début septembre).

Début septembre, tous les collectifs ont rencontré les directeurs et les équipes des centres dramatiques, centres chorégraphiques, scènes nationales et institutions culturelles.

Trois positions se dessinent :

  • appel à la grève (opération rideau baissé, panne de courant artistique) ;
  • grève du zèle : multiplication des représentations gratuites, débats avec les spectateurs ;
  • alter-spectacles alliant le politique et le poétique.

A ce jour, seuls les directeurs des scènes de Nantes, Aubervilliers, Montpellier, Limoges, n’ouvrent pas leur saison culturelle et mettent leur lieu à disposition des grévistes. Certains directeurs de scène nationale n’excluent pas la possibilité de donner leur démission (Cantarella, Fisbach, Garcia, Py, Françon, etc.). Mais la position majoritaire tend à limiter l’action à des journées d’information sur les lieux en direction du public.

Les collectifs d’intermittents proposent, quant à eux, selon les régions :

  • Une saison morte tant que le protocole n’est pas retiré ;
  • L’appel aux spectateurs à boycotter les abonnements et à renvoyer leurs billets.

Même si les forces sont affaiblies (comment concilier le mot d’ordre de grève et le besoin de travailler pour atteindre le nombre de cachets nécessaires avant la fin de l’année ?), le collectif perpignanais s’est déterminé pour des actions coup-de-poing en lien avec les autres collectifs de la région (Béziers, Carcassonne, Montpellier, Toulouse) et les organisations politiques et syndicales.

Les actions doivent s’inscrire dans une lutte plus globale contre la destruction de droits sociaux, une lutte européenne et mondiale qui veut maintenir les secteur culturel et les services publiques hors des négociations de l’O.M.C.

Collectif « Culture en danger » des P.O.